Valérie Bacot
Ou comment garder son sang-froid.
En mai 2021, Noémie Schulz et moi discutions pour la première fois un soir après une audience à Chambéry. Elle me confiait vouloir retourner à ses premiers amours, la radio, et nous avions parlé podcasts. Un an plus tard, elle écrira ainsi Le Coupable sur Spotify/Europe 1, un podcast en 8 épisodes où Me Alain Jakubowicz raconte son point de vue dans l’affaire Lelandais, puis Le Terroriste, où elle interviewe Me Olivia Ronen, l’avocate qui a défendu Salah Abdeslam.
Le mois suivant, fin juin 2021, plusieurs procès d’assises importants se tenaient à travers la France.
Tandis que je suivais le procès de Hubert Caoussin et Lydie Troadec à la cour d’assises de la Loire-Atlantique, Noémie Schulz était à la cour d’assises de la Saône-et-Loire, pour suivre le procès de Valérie Bacot.
En mars 2016, Valérie Bacot tuait d’une balle dans la nuque son conjoint et père de ses quatre enfants, Daniel Polette, avant de cacher le corps. Elle mettait alors fin à une vie de violences innommables : l’emprise depuis ses 12 ans (Daniel Polette était d’abord le conjoint de sa mère), les coups, les viols, la prostitution forcée. C’est là un bien bref résumé de ce dossier. France 3 en a fait un très bon documentaire :
A Nantes, je suivais les lives-tweets de Noémie Schulz en direct de Chalon-sur-Saône. Nous discutions, parfois, des audiences par message. Avec le temps, certaines de ses retranscriptions sont gravées dans ma mémoire comme si j’avais moi-même assisté à ces scènes, alors que je me trouvais à l’époque à 600 kms. De façon étrange, le procès de Valérie Bacot m’a marquée par procuration : il était clair que ce procès affectait Noémie. Ses images du direct à la fin du réquisitoire de l’avocat général, surtout, me sont restée en tête.
Des années après, je lui ai donc proposé d’en discuter ensemble pour qu’elle me raconte l’envers du décor, et pour comprendre le rôle des émotions dans l’arène judiciaire.




